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L’EXIL COMME PLAN D’AVENIR

Ce soir j’ai décidé de m’atteler à l’approfondissement d’un blog que j’avais précédemment écrit en direct live du bus en direction de Nantes la saison passée avec le PL. (Un déplacement qui comptait pour la 9ème journée de championnat)

Après consultation de mes “conseillers techniques” de l’époque, la suggestion d’une transition axée sur les raisons de mon exil aux Etats-Unis avait fait l’unanimité.

(Je tiens à préciser que je garde un œil attentif aux demandes diverses qui me sont faites par l’intermédiaire des commentaires laissés sur mes blogs, ou des messages que je reçois sur facebook ou par email. Je prend également à coeur de répondre aux multiples questions qui me sont posées au fur et à mesure, tout en essayant de conserver un esprit de continuité avec le blog précédent).

Pourquoi donc partir aux Etats-Unis quand bien même un premier contrat professionnel me tend les bras à l’aube de mes 18 ans?
La grande majorité des amateurs de basket saute généralement sur l’occasion pour étaler leur théorie sur le rêve américain des jeunes talents hexagonaux, ce qui cache souvent la profondeur d’un choix risqué mais cependant judicieux….si et seulement si ce jeune talent s’exile avec un vrai plan d’avenir en tête (dans mon cas, l’obtention d’un diplôme universitaire).

La France et les Etats-Unis sont fondamentalement différents, que ce soit au niveau culturel, politique ou bien entendu juridique. Je ne suis pas là pour parler de mes préférences sur ces sujets, car j’apprécie tout autant mon héritage français que ma découverte de la culture américaine. Je tiens simplement à préciser que cette différence affichée entre les deux pays se traduit également sur un plan scolaire….

“Qu’y a t-il donc aux Etats-Unis qu’on ne trouve pas en France?” doivent se demander les irréductibles gaulois….
La réponse est simple…un système scolaire qui ne condamne pas les athlètes de haut niveau à faire un choix entre leurs études ou une potentielle carrière sportive.
(Cette histoire ne concerne donc pas les jeunes qui ont décidé d’abandonner les études à leur sortie du lycée…)

cap-and-gown-for-webAllier les études de haut niveau avec le sport de haut niveau? Les sceptiques demeurent… à juste titre d’ailleurs puisqu’il n’y a pas d’équivalent en France pour ce genre de système.

Voici donc la force d’un système universitaire américain qui permet à tout athlète, peu importe sa discipline, de suivre des études avec un plan à long terme aménagé selon les secteurs d’études et les disponibilités des uns et des autres.
Un système qui m’a permis d’obtenir un “bachelor de science” (équivalent à un “Masters I” m’a t-on dit) en business international tout en jouant au plus haut niveau universitaire dans des conditions super favorables, devant des salles pleines à craquer…(Prémices d’un futur blog?)

En France les institutions scolaires sont spécialisées et ne font aucune place aux loisirs ou à des activités annexes quelconques. Ne vous méprenez pas, je ne critique pas la qualité de l’enseignement prodigué dans les établissements universitaires français. Leur prestige est d’ailleurs mondialement connu. Ils ne sont simplement pas dotés des structures adéquates qui permettraient aux étudiants de vivre une expérience plus attrayante et surtout plus diverse.

Pour tous ceux qui ont envie de me parler de l’INSEP, je répondrai que c’est un exemple à suivre en France mais que c’est justement la SEULE institution en France qui ressemble un temps soit peu à ce qui pourrait se trouver aux Etats-Unis, et que malheureusement la prise en charge des athlètes s’arrête….au Lycée.
On en revient donc au même problème qu’à 18 ans, un jeune athlète français est obligé de choisir entre sa scolarité et sa carrière sportive. Les chances sont grandes que même ceux déterminés à tenter l’aventure d’allier les deux seront très probablement vite découragés.

- Petite parenthèse:
Aux Etats-Unis, un “student-athlete” (étudiant-athlète) est utilisé comme une vitrine alors qu’en France, un athlète n’a que peu d’opportunités d’exploiter ses qualités hors du terrain. C’est d’ailleurs pour ca que l’opinion publique a trop souvent une image péjorative de ces athlètes qu’elle considère unidimensionnels (à peu d’exceptions près…)

Comment dissocier l’indissociable? Pour moi études et basket sont restés indissociables aussi longtemps que possible. Il est incontestable que ma mère m’a fortement influencé dans ce choix là. À ma sortie du lycée (en 2002), après avoir obtenu mon bac ES, à deux doigts de la mention (foutue option éco….coefficient 7!!), le moment était venu pour moi de prendre la décision la plus importante de ma vie: allais-je débuter ma carrière professionnelle ou poursuivre des études universitaires de haut niveau?

Le basket était clairement mon choix, mais je n’étais pas satisfait de l’optique qu’offrait l’abandon de mes études. Une blessure est si vite arrivée (j’en ai eu la preuve flagrante lorsque je me suis déchiré l’épaule droite avant le début de mon année sophomore à Oregon State…lors d’une séance de shooting!!!!!!) et je considère que c’est important d’avoir un plan d’avenir, ce qui inclus l’après-basket….

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- L’entretien avec Jacques Monclar:

Je ne peux pas dire que je suis parti aux Etats-Unis sans avoir hésité à rester en France. Par exemple, pour ne citer que celui-là, très peu de temps avant mon départ j’ai eu un entretien avec Jacques Monclar, qui à l’époque était encore à la tête du Paris Basket Racing. Son argument fut simple: pourquoi partir aux Etats-Unis pour jouer en High School, alors que tu peux intégrer immédiatement le monde professionnel?
L’argument était solide et prêtait à réflexion.

- La réponse aux hésitations:

Plus tôt pendant cette fameuse année charnière du Bac, ma mère et moi parlions à un des joueurs de l’équipe professionnelle de Poissy (mon club de toujours, encore en Pro B à cette époque) après un match de championnat. Au cours de la conversation, ma mère pose une question très simple et pourtant très importante à ce joueur: que feras-tu de ta vie après le basket?
En observant l’expression du visage figé du joueur, je ressentis le malaise du bonhomme qui ne trouva rien à répondre.
C’est à ce moment que je me suis promis de ne jamais me retrouver dans cette position d’incertitude et de dépendance visible au basket.

Mon départ pour les Etats-Unis était devenu inévitable…

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Maintenant je profite de cette opportunité pour apporter des éléments de réponse supplémentaires à tous les jeunes joueurs qui me sollicitent sur facebook afin d’en savoir plus sur les démarches pour partir aux États-Unis:

Je suis parti par l’intermédiaire d’un des programmes d’échange d’étudiants sur la liste officielle du consulat américain. C’est un processus qui peut prendre plus d’un an pour tout mettre en place, mais puisque j’avais déjà une famille américaine prête a m’acceuillir, j’ai pu accélérer les choses. Pour ce qui est du nom du programme, je ne m’en souviens pas du tout par contre, mais la liste est longue, ce ne sont pas les programmes qui manquent.

La première chose que je cherche à savoir quand on me sollicite au sujet des États-Unis, c’est le motif d’un potentiel départ. La plupart des jeunes se laissent berner par le rêve américain en ne se concentrant que sur l’aspect sportif de l’expérience. Je doute que la majorité de ces jeunes ont vraiment conscience des obligations scolaires qui les attendent s’ils arrivent à partir. Ce n’est pas forcément que le niveau scolaire est plus élevé à l’etranger, loin de là. C’est surtout qu’en France l’école et les clubs sportifs sont deux entités complétement séparées (sauf UNSS…) et que les résultats scolaires obtenus par un jeune écolier n’ont aucunes conséquences sur sa pratique du sport en compétition (En d’autres termes, à moins d’etre puni par ses parents, un jeune joueur ne serait pas privé de compétition le weekend à cause de ses mauvais résultats scolaires…).

Ce qui n’est pas le cas aux États-Unis les diverses équipes sportives sont engagées en compétition par l’intermédiaire des institutions scolaires… qui imposent à tous ses “student-athletes” de conserver des notes au dessus de la moyenne tout au long de l’année, au risque de se voir suspendre de compétition.

En ajoutant à cela la barrière de la langue..

Il est ainsi primordial qu’un jeune ait conscience des différences multiples qui existent entre le sytème français et le système américain, et donc de l’importance qu’accordent les américains à la réussite scolaire alliée au sport.

Ceci pourrait lui permettre de vivre une experience aboutie et de ne pas se retrouver à revenir en France aussi vite qu’il en est parti…

Merci à tous d’avoir pris le temps de lire mon blog.
God bless



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  1. Un Saint-Vallierois
    13/11/2009 à 18:09 | #1

    Salut ici
    Je découvre le blog, le joueur et l’homme ! Et franchement, c’est sympa !
    Content que tu sois Saint-Vallierois, le SVBD a su trouvé un très bon capitaine en plus d’un très bon joueur ! :-D
    Merci et continues !

  2. 10/11/2009 à 23:03 | #2

    @Brandon Roy
    C’est vrai que le shoot extérieur a été mon atout principal pour faire mon trou en NCAA. Je pense que les coachs américains adorent les shooteurs de qualité car ils ne sont plus aussi nombreux qu’avant dans le basket universitaire. Ils sont particulièrement friands des postes 4 modernes européens, capables de s’écarter et d’allumer la mèche longue distance.
    De manière générale, les coachs universitaires apprécient les joueurs talentueux, qui ont de vrais fondamentaux. Il concentre également leur recrutement sur la trouvaille d’athletes hors normes; le genre de joueurs hyper-athletiques, souvent frustres au niveau technique mais capables de dominer physiquement un match. –> Perspective de coach: Une détente sèche d’ 1m10 ne s’apprend pas à tout le monde ou un corps avec une envergure de 2m30 n’est pas donné à tout le monde, par contre avec un bon coaching n’importe qui peut apprendre à shooter correctement…
    Cette idéologie peut s’appliquer dans le sens inverse: si un joueur est très talentueux, avec une grosse panoplie de fondamentaux mais une carcasse frêle, il a au moins 4 ans de dur labeur devant lui pour progresser athletiquement et s’etoffer physiquement.
    Un coach peut donc investir sur deux types de joueurs “talentueux”, avec une perspective de dévelopement et de travail différente pour chacun: soit il le développe physiquement, soit il développe sa technique.

    Pour avoir une chance d’intégrer une fac US, il faut avoir une mentalité ULTRA-compétitive. Tout est histoire de compétition dans le système universitaire américain et il y a une remise en question permanente.
    Il est primordial d’avoir un vrai baggage technique car les européens ont désormais une réputation de l’autre coté de l’Atlantique. Par contre ils sont également considérés “soft”, donc le mental du joueur doit etre pret à faire face aux assauts incessants des natifs qui feront tout pour le tester et l’intimider.
    Je pense qu’il n’y a pas de formule magique dans l’optique d’obtenir une bourse universitaire ou de faire sa place dans le monde pro, ce n’est qu’une histoire d’abnégation, alliée à un minimum de talent et de qualités physiques. Et puis le facteur “réussite” est inébranlable.

    Mon équation de la réussite: un mental d’acier, une grosse ethique de travail et du talent. Si un des 3 maillons manque, il est peu probable d’arriver à ses fins.

  3. 10/11/2009 à 13:53 | #3

    J’ai vu les vidéos de toi sur youtube de tes années a Oregon State, c’est + Qu’impressionnant !!!

    Ton jeux a l’air d’être beaucoup axé sur le shoot a 3pt , c’est ce qui plait le + aux fac américaines ? Quels sont les choses les plus importante a travailler pour avoir une chance d’intégrer une fac us et pourquoi pas plus tard arriver a un stade professionnel ?

  4. 06/11/2009 à 23:44 | #4

    Toujours égal à toi même, beaucoup d’intelligence et de savoir dans tes écrits. Keep it real !!!

  5. 06/11/2009 à 16:15 | #5

    @Dean27
    Mon gars!! Je suis ravi que tu aies apprécié le blog. J’espère surtout que les jeunes qui le liront prendront conscience des enjeux présents quand ils considèrent un départ potentiel vers les U.S.

    Comme d’hab, ton feedback est des plus avertis.
    Merci pour les suggestions, visiblement je vais avoir du pain sur la planche!!

  6. 06/11/2009 à 15:16 | #6

    @magicrafi
    Je ne peux que confirmer!! Mon expérience américaine m’a permis de découvir une culture vraiment intriguante, et de concrétiser de nombreuses opportunités qui ne se seraient pas présentées à moi si j’étais resté en France. Je suis d’accord avec toi également sur la diversité culturelle que l’on trouve sur la plupart des campus américains. À Oregon State, il y avait par exemple un grand nombre d’étudiants asiatiques (comme partout sur la cote ouest…), des étudiants français, allemands, et aussi un nombre surprenant d’étudiants saoudiens. Pour info, il y a chaque année plus de 19000 étudiants inscrits à Oregon State (rien que ça…) ce qui est encore loin des 35000 de Berkeley ou 47000 de Washington, histoire de mettre un peu le tout en perspective.

    PS: j’espère que tes hésitations à poursuivre le basket l’année prochaine ne sont que passagères…ce serait dommage. Prends soin de toi

  7. 06/11/2009 à 14:52 | #7

    Je me souviens qu’on avait lancé ce débat sur l’ancienne version de ton blog: comment allier sport de haut niveau et études en France…
    Même si le statut de sportif de haut niveau existe pour les étudiants, c’est juste un aménagement de l’emploi du temps qui est proposé, rien de plus.
    J’ai même une anecdote pour montrer l’incohérence du truc: il y a un peu plus de 10 ans, les Spacer’s de Toulouse avaient une équipe en ProB. Certains espoirs ProB (à l’époque où cela existait encore) étaient étudiants en Staps, à la fac Paul Sabatier de Toulouse. Ils étaient OBLIGES de participer au championnat de France universitaire avec la fac, en parallèle de leurs entrainements ou matchs d’espoirs ProB.
    Il ne s’agit que d’une dizaine de matchs se déroulant le jeudi après-midi en général.
    Sauf que cette année-là, ils ont fait face à un choix cornélien: la fac était qualifié pour le tournoi final universitaire qui tombait en même temps que le trophée du futur (si je me rappelle bien du nom), qui se déroulait bien entendu à l’autre bout de la France…
    La fac a mis la pression pour que les joueurs qui bénéficient d’un statut particulier représentent l’université, au détriment de leur club…
    Qui n’a pas brillé au trophée du futur, amputé de quelques joueurs…

    Je ne sais pas si cette histoire a fait évoluer les choses, et mes souvenirs sont peut être un peu imprécis, mais je sais que cette histoire avait fait pas mal de remous à l’époque!

  8. Dude
    06/11/2009 à 08:12 | #8

    Intéressant! continue ton blog. Peace

  9. 06/11/2009 à 05:06 | #9

    Merci pour cet excellent temoignage.
    C’est vrai que moi aussi, en venant aux USA, je ne m’attendais pas du tout a avoir autant de travail. Des devoirs tous les jours, plein de choses a memoriser, des projets… j’etais deborde de travail et il a fallu que je m’organise serieusement pour ne pas etre a la traine.
    Mais comme tu le dis, aux Etats-Unis tu peux bien concilier etudes et sport de tres haut niveau. Au niveau high school, meme si tu ne fais pas partie de l’elite, tu peux te frotter a des joueurs tres forts du moment que tu fais partie de l’equipe de ton ecole. En NCAA c’est forcement plus selectif, mais j’aime bien cet eclatement de l’elite du sport aux USA, contrairement au concept INSEP en France ou National Institute of Sports en Australie.

    Sinon tu dis “en jouant au plus haut niveau universitaire dans des conditions super favorables, devant des salles pleines à craquer…” –> j’espere que tu nous le raconteras tout ca! La vie d’un joueur NCAA de la PAC 10, la vie dans le campus, les entrainements, etc.
    Aussi, comme tu etais un bon joueur high school en Californie, tu pourras nous raconter tes derniers mois en high school, comment tu as ete repere, comment tu as choisi Oregon State, comment s’est passee ta transition, comment tu as fait pour passer du niveau high school au niveau NCAA en freshman, etc.?
    Merci pour tous tes posts.
    Peace

  10. 06/11/2009 à 03:40 | #10

    J’aime vraiment beaucoup ton Blog Angelo. L’année prochaine comme je le racontait sur mon blog j’hésite même à poursuivre le basket… C’est pour dire! J’ai exactement la même perception des choses en ce qui concerne le système éducatif américain. Je pense que il est même possible d’ajouter le fait que l’expéricience COLLEGE est aussi quelque chose qui ouvre beaucoup l’esprit… C’est une expéricence d’une vie! La grande majorité des universités américaine ADORE ajouter des étudiants internationaux à leur communauté parce que justement ils apportent de la diversité… et ça c’est une vrai richesse. Sans compter le fait que les autres étudiants viennent souvent des quatres coins des U.S. et on donc des cultures/ idéologie différentes mais très interéssante… Angelo tu comfirmes ? =D

  1. 10/11/2009 à 14:24 | #1

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